Kendrick Lammar « To Pimp A Butterfly »

Troisième album pour Kendrick Lammar qui frappe très fort avec « To Pimp A Butterly », où en 16 morceaux le rappeur de 27 ans revisite toute la culture afro-américaine et mélange avec une agilité rare hip-hop, soul, funk et jazz. Des titres résonnent plus comme « Wesley’s Theory », « Momma » ou « The Blacker the Berry ». Voilà un album dense où chaque écoute est une redécouverte, où Lammar dresse un constat de cette société black américaine dans laquelle il évolue, où la pochette signée Denis Rouvre est déjà culte, où « every niggers is a star ».


Marina and the Diamonds « FROOT »

Trois ans après le surproduit et impersonnel « Electra Heart », Marina and the Diamonds change de direction avec « FROOT », et ça paye. Totalement écrit et composé avec ses deux mains, la galloise continue de se chercher artistiquement, mais vient de trouver là le fruit défendu qui fait la différence. Pas de « smash hit » dans ce disque, mais une succession de très bons titres qui prennent encore plus de saveur lorsqu’on les déguste les uns après les autres : « Happy », « Blue », « I’m a Ruin » et le terrible « Savages » en tête. Marina nous offre là le meilleur album pop de ce début 2015 !


Purity Ring « Another Eternity »

Faisant suite à « Shrines » (2012), le duo Canadien revient avec un second album plus pop et la claire volonté de se tourner vers des sonorités et des structures plus « mainstream ». De quoi décevoir ceux qui trouvaient de l’intérêt à Purity Ring dans le aspect indie, mais il n’en demeure pas moins que cet « Another Eternity » est une grande réussite pop. La voix éthérée de la chanteuse Megan James nous envoute, et des titres comme « Heartsigh », « Bodyache » et « Flood on the Floor » nous captive. A suivre impérativement.


Madonna « Rebel Heart »

Mission délicate de juger un nouvel album de Madonna : faut-il le voir sous le prisme du 13ème album de LA popstar ayant quasiment tout accompli en 35 ans de carrière, ou celui d’une chanteuse pop au même rang que des Katy Perry, Rihanna ou Lady Gaga ?

Dans le premier cas ce « Rebel Heart » se révèle salvateur après deux albums plus que moyens (« Hard Candy » en 2008 et « MDNA » en 2012) traduisant une crise de jeunisme/cinquantaine, après une lignée d’albums parfaite (« Ray Of Light », « Music », « American Life », « Confessions On A Dance Floor ») ayant marqué durablement la pop music de la fin 90’s/début 00’s.

Dans le second cas on retiendra un disque foure-tout à la direction artistique brouillonne : 24 titres (en cumulant toutes les éditions) où se mélange sans grande cohésion EDM fade (« Living for Love »), nouvelle crise d’ado (« Bitch I’m Madonna ») et chansons au désintérêt abyssale (« Body Shop », « Best Night »), face à des ballades poignantes (« Wash All Over Me ») et titres introspectifs dont elle a le secret (« Rebel Heart », « Joan of Arc »).

Au final on gardera ce coeur rebelle pour ces bonnes mélodies et quelques bijoux qu’on attendait depuis une dizaine d’années (« Ghosttown », « Devil Pray », « Hearbreak City »). Et puis ça reste Madonna quoi.