On avait deviné depuis quelques temps qu’il en fallait plus à The Weeknd que son statut de jeune prodige du r’n’b indie et qu’il lorgnait sévèrement sur celui de popstar. Après avoir sympathisé avec Sia et Ariana Grande le temps de deux featuring l’an dernier, le voilà entrain de s’acoquiner avec Max Martin (producteur historique de Britney et plus récemment de l’album raz-de-marée des charts de Taylor Swift) pour son nouvel opus.

La machine à tubes se met en marche et en sort deux petits bijoux : « Can’t Feel My Face » et « In The Night ». Deux titres que ne renierait surement pas Michael Jackson tant les grains de voix et les sonorités des deux artistes sont semblables. Il y a d’ailleurs dans ce second titre des réminiscences d’un titre iconique du King of Pop : « Billie Jean ».

Outre ces deux titres, « Beauty Behind the Madness » conserve l’identité et les thèmes fétiches du compatriote de Céline Dion et Justin Bieber : le triptyque amour cru/sexe/drogue est bien présent et l’on se rend compte que sa participation à la B.O. de « Fifty Shades of Grey » avec le tube « Earned It » coulait de source : The Weeknd ne fait pas l’amour, « he fucks hard ».

On trouvera bien quelques traces de tendresse dans ce disque, comme le joli « Angel » qui clôt l’album, parmi d’autres titres où il ne s’embarrasse pas de sentiments (« The Hills »). Mais c’est au fond tout cela qui fait le charme de ce disque : il y a bien de la beauté derrière sa folie.

Deux duos, et pas des moindres, sont au programme : Ed Sheeran et Lana Del Rey. Deux collaborations où les voix et les univers de mêlent et se complètent avec une facilité déconcertante, et qui donnent naissance à deux morceaux qui terminent d’embellir ce disque (avec une mention particulière pour « Prisoner » le duo avec Lana).

Avec ses petites imperfections « Beauty Behind the Madness » se révèle assez addictif, devient de plus en plus savoureux au fil des écoutes et propulse The Weeknd dans la cour supérieure. Nul doute qu’il risque de nous séduire encore plus à l’avenir, même avec sa coupe de cheveux improbable.