Après sa prestation de clôture des VMA, Miley Cyrus a balancé son cinquième album directement et gratuitement. Un pari osé et réussi. Review !

[dropcap]E[/dropcap]lle a fait un Beyoncé. Dimanche soir, à l’issue d’une édition plutôt morne des VMAs – dont on ne retiendra que le one-man-show de Kanye WestMiley Cyrus, également host de la soirée, a présenté son nouveau titre « Dooo It! » extrait d’un nouvel album balancé direct après sur Soundcloud, réitérant le coup marketing de génie de Queen B en 2013.

Mais contrairement à Beyoncé, « Miley Cyrus & Her Dead Petz » (« Miley et ses animaux de compagnie morts ») a été mis à disposition gratuitement et sans aucune autre velléité commerciale derrière. Un album maison que Miley a financé toute seule sans rendre de compte à RCA, sa maison de disque. 50 000$ de budget, on est loin des 2 millions de son prédécesseur « Bangerz » (2013).

Et c’est là que se révèle la véritable audace de Miley Cyrus : s’émanciper des majors qui attendent de sa part une collection de club bangers, et proposer la musique qu’elle aime faire et qu’elle veut chanter sans aucune vision de succès dans les charts en aval. Dans la vraie vie c’est ce que font pourtant des milliers d’auteurs-interprètes, mais à ce niveau de notoriété dans le game ce genre de prise de risque est bien trop rare (même lorsque Lady Gaga se lance dans le jazz l’exercice est très contrôlé), il se doit d’être souligné.

La vraie vie (comprendre « l’inverse des amitiés survendues de Taylor Swift ») c’est ce qui a inspiré Miley pour cet album : sa consommation d’herbe (« Yeah, I smoke pot/Yeah, I love peace »), ses animaux morts (« The Floyd Song », « Pablow The Blowfish »), et le sexe, beaucoup de sexe. De « Dead Petz » il se dégage une certaine mélancolie, contrastant avec l’exubérance et les bukakes de paillettes du personnage de Cyrus depuis deux ans.

Réalisé en collaboration avec The Flamming Lips, Oren Yoel et Mike WiLL Made-It, ce cinquième album regorge de bonnes mélodies, de sonorités recherchées et de paroles introspective (« BB Talk », « Bang Me Box », « Cyrus Skies »), en somme de la bonne musique. Que demander de plus ?