Lana Del Rey dévoile « Honeymoon », un troisième album captivant dans la continuité de ses précédents disques.

[dropcap]U[/dropcap]n peu plus d’un an après la sortie d’ « Ultraviolence » notre chère Lana Del Rey nous revient déjà avec son 3ème album « Honeymoon », sans compter « Lana Del Ray » sorti en 2010 entant que Lizzi Grant. D’abord envisagé comme une réédition d’ « Ultraviolence » – à l’instar de « Paradise » (2012) pour « Born To Die » – Lana a décidé de faire d’ « Honeymoon » un album à part entière nous livrant 14 titres dans la continuité de son sombre prédécesseur, avec tout de même quelques rayons de lumières perceptibles. Ceux qui espéraient un retour à la pop alternative catchy du premier album seront probablement déçus.

En lançant l’écoute d’ « Honeymoon », par le magistrale titre d’ouverture éponyme, ce sont directement des images qui viennent en tête, celle d’un film dont on sait dès le début qu’il se finit mal. La cinématographie est indissociable de la musique chez Lana Del Rey, et cet album particulièrement s’écoute comme une bande originale. L’ostensible pub sur la pochette de l’album pour StarLine Tours, une compagnie de bus touristique faisant visiter les quartiers des stars de Los Angeles, définit parfaitement l’ambiance hollywoodienne du disque.

Après une première partie jusqu’au lead « High By The Beach » pouvant sembler redondante à la première écoute (mais dont on garde le très bon « Music To Watch Boys To »), l’album prend du poil de la bête au fil des titres qui s’enchaînent jusqu’à la masterpiece « Salvatore ». Gros emoji coeur pour ce titre ! Pour clore l’album Lana emprunte avec beauté « Don’t Let Me Be Misunderstood » à Nina Simone, ce titre vous parlera sans doute si vous avez aussi squatté la B.O. de « Kill Bill Vol. 1 », où on le retrouve dans un version nettement plus énervée par Santa Esmeralda. Le cinéma, on y revient.

« Honeymoon » se révèle être un habile mélange des deux précédents albums, Lana y tient toujours le premier rôle et même si l’on pourrait lui reprocher de ressortir encore une fois la même recette de mélodies mélancoliques et de voix trainante, on se dit qu’au fond qui mieux que Lana Del Rey pour faire du Lana Del Rey ? Dans une époque où les pop stars se copient les unes les autres sans vraiment proposer quelque chose de distinctif, on ne peut en vouloir à une artiste qui a réussi à se créer et à évoluer dans un univers parfaitement codé et définit et qui réussit encore à nous captiver avec des titres comme « Honeymoon », « Religion » ou « Salvatore ». Mais comme dans tout bon mariage qui se conclut on peut se demander « Combien de temps cela durera-t-il ? ». Laissons ce questionnement de côté et profitons d’abord de cette jolie lune de miel.