U2

U2 s’est chargé d’essuyer les plâtres du tout nouveau Bercy (rebaptisé AccorHotels Arena) pour un show aussi grandiose qu’intime. Live report.

[dropcap]L[/dropcap]a tournée « iNNOCENCE + eXPERIENCE » vient supporter l’album « Songs of Innocence », que vous n’avez pas pu manquer l’an dernier si vous possédez un iPhone ! On a beaucoup plus parlé de la stratégie marketing et du partenariat avec Apple concernant ce disque que ce qu’il y avait vraiment à l’intérieur. Peut-être parce qu’il n’y avait pas grand chose à en dire ? En effet, ça fait une dizaine d’années que nos chers irlandais n’ont pas sorti de titre vraiment marquant (depuis « How to Dismantle an Atomic Bomb » en 2004). Mais peu importe pour le public – dont je fais parti – qui s’est jeté sur les places mises en vente il y a près d’un an, et qui vient pour entendre des tubes mythiques et en prendre plein les yeux.

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Sur ce point U2 tient sa promesse. Pour son premier spectacle indoor depuis 2001, le groupe a choisi de mêler un peu d’intimité à l’immensité scénographique, ici représentée par un colossale écran-mur double face surplombant le catwalk reliant la scène principale à la secondaire.

C’est par cette B-Stage que Bono, tout de blond décoloré, fait son entrée par le fond de la salle encore éclairée en entonnant les premières notes de « The Miracle (Of Joey Ramone) », avant de rejoindre ses camarades de l’autre côté et de balancer lumières et décibels sur un public déjà conquis.

Divisé en deux parties (« iNNOCENCE » puis « eXPERIENCE »), le spectacle fait dans un premier temps la part belle au dernier album. Ambiance beaucoup plus introspective, avec des hommages à l’enfance et la mère de Bono sur « Iris (Hold Me Close) » et « Cedarwood Road » servi par de beaux habillages vidéos. Seul « Vertigo » fera secouer les murs à la peinture encore fraîche de l’AccorHotels Arena.

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Mais c’est sur l’aspect « eXPERIENCE » que les irlandais montrent ce qu’ils savent faire de mieux : du grand show ! « Even Better Than the Real Thing », interprété à l’intérieur de l’écran, est un déferlement de lumières et de couleurs enrichi par l’ambiance disco de « Mysterious Ways » et ses boules à facettes. C’est à ce moment-là que Bono extirpe de la fosse la pétillante Brigitte « from Paris », une fan avec le diable au corps, qui ne laissera pas le chanteur de marbre. Elle se voit confier un smartphone pour diffuser « Elevation » en live sur Internet. Je ne sais pas comment c’était chez ceux qui regardaient la prestation devant leur écran, mais dans la salle l’ambiance était électrique ! Une communion entre artistes et public : une définition explicite d’une bonne grosse claque en somme !

Pour achever le spectacle U2 enchaîne ses titres emblématiques : « Where the Streets Have No Name », « Pride (In the Name of Love) » et le sublime « With Or Without » avant de quitter la scène pour le rappel.

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U2 ne serait pas vraiment U2, et Bono ne serait pas vraiment Bono si aucun message philanthropique ne venait s’immiscer dans le spectacle. Je n’ai jamais vraiment été bon public pour se genre de moment, mais c’était fait avec une jolie sobriété plutôt appréciable là où d’autres sortent facilement leurs gros sabots (coucou Madonna !).

Jeux de lumière et de néons, très simples mais diablement efficaces accompagnent leur retour sur scène et les titres « City of Blinding Lights » et « Beautiful Day ». C’est sur « One » (mon titre préféré) accompagné par la guitare de The Edge et repris à l’unisson par le public que le groupe clôt le concert.

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C’est toujours difficile de chroniquer des spectacles aussi riches que celui-là, et en particulier celui-ci qui est même un peu frustrant car impossible d’en profiter totalement et de tout voir tant il se passe de choses en même temps. Un aspect grandiose compensé par l’étonnante intimité qu’a réussi à créer le groupe au milieu d’une structure mastodonte et d’une technologie omniprésente.

J’ai assisté ce soir-là à un des meilleurs concerts que j’ai pu faire, avec le bonheur de les avoir découvert sur scène par un spectacle à taille (un peu) plus humaine.

Découvrez mes photos et vidéos du concert. Pour suivre mes aventures en live n’hésitez pas à me suivre sur Facebook, Twitter, YouTube et Instagram !

Set list du 10 novembre 2015 :

  1. The Miracle (of Joey Ramone)
  2. Vertigo
  3. I Will Follow
  4. Iris (Hold Me Close)
  5. Cedarwood Road
  6. Song for Someone
  7. Sunday Bloody Sunday
  8. Raised By Wolves
  9. Until the End of the World
  10. Invisible
    Interlude : The Fly
  11. Even Better Than the Real Thing
  12. Mysterious Ways
  13. Elevation
  14. Every Breaking Wave
  15. October
  16. Bullet the Blue Sky
  17. Zooropa
  18. Where the Streets Have No Name
  19. Pride (In the Name of Love)
  20. With or Without You
    Rappel
  21. City of Bliding Lights
  22. Beautiful Day
  23. One