Mylène Farmer

Il était attendu ce dixième album de Mylène Farmer, plus encore avec les rumeurs courant depuis plus d’un an sur une possible collaboration avec Muse et un retour d’Archive cinq ans après la brillante expérience « Bleu Noir ». Mais rien de tout ça. Au bout de 30 ans de carrière Mylène continue de surprendre et annonce une collaboration avec le français The Avener, DJ du moment grâce son album sorti en début d’année, pour l’imparable duo avec Sting « Stolen Car » et avec l’américain Martin Kierszenbaum pour le reste de l’album. Vous ne le connaissez pas ? C’est normal. Chef du label Cherrytree son seul fait d’arme notable est d’avoir produit les plus mauvais titres du premier album de Lady Gaga « The Fame » (2008). Rien de rassurant pour succéder à la débâcle « Monkey Me » (2012).

Depuis quatre ans ce n’était pas la joie dans le répertoire Farmer : après la parenthèse « Bleu Noir » Mylène Farmer a retrouvé son historique Laurent Boutonnat qui n’a su lui proposer que de la dance ringardo-cheap pour les deux inédits du best-of « 2001-2011 » et l’album « Monkey Me ». Timeless 2013, la tournée qui suivit ne fut pas du meilleur cru non plus. C’est dans ce contexte désenchanté qu’arrive « Interstellaires ».

Mercredi soir j’ai été invité par Deezer et Polydor à l’écoute en avant-première de l’album dans un lieu plus qu’approprié : le Planétarium de la Cité des Sciences ! 40 minutes à découvrir l’album la tête littéralement dans les étoiles. Et dès les premières notes de guitare électrique du titre « Interstellaires » les craintes de retrouver des sonorités « Dance Machine 94 » s’envolent. C’est pop-rock dans l’esprit d’ « Anamorphosée » (1995) et c’est ce qui lui va le mieux. Avec un retour aux envolés lyriques à la fois fortes et maîtrisées qu’on avait perdu depuis quelques années. Un autre titre très réussi s’inscrit dans la même veine, intitulé « Love Song ».

11-Farmer-b

En plus de « Stolen Car », originellement interprété en solo par le leader de Police,  une autre reprise s’invite dans l’album, « I Want You To Want Me » des Cheap Trick. Dans une version très éloignée de l’originale, réarrangée à la sauce Gary Jules, son complice sur la dernière tournée. Toute en simplicité dans sa production et son interprétation, Mylène Farmer tranche avec ses ballades quelques fois pompeuses qui étaient légions dans l’album « Avant que l’ombre… » (2005), et on se laisse séduire sans rechigner.

Deux titres créent la surprise par leurs sonorités totalement nouvelles dans l’univers farmerien : « C’est pas moi » avec sa touche funk à la Bruno Mars et Mark Runson et son refrain diablement efficace, et « Voie Lactée » aux accents reggae et à la légèreté rarement entendu chez Mylène Farmer. Deux titres réussis qui conjuguent nouveauté dans les sons et grande familiarité dans la voix, la mélodie et les mots de la chanteuse. Plus rafraichissants que déconcertants en somme.

Les mots parlons-en. S’il y a bien une critique à faire, elle concerne les paroles. Mylène a bossé pour cet album : de nouveaux sons très modernes et un retour à des visuels ultra léchés signés Ralph Wenig. Mais au détriment des textes qui se résument à un Bingo Farmer mêlant pêle-mêle ses mots fétiches (« Mort », « Amour », « Ombre », « Coeur », « Saigner ») sans réelle profondeur ni sens. Le titre « A Rebours » aurait pu être un très bon titre si elle n’avait pas parlé d’une sombre histoire de perte de son double de clés sans serrure à ouvrir…

En résumé « Interstellaires » apporte une fraîcheur salvatrice pour Mylène Farmer qui s’étaient enfermée sur ses trois derniers albums avec Laurent Boutonnat dans des productions déjà datées au moment de leur sortie. Et même si cet album fait preuve d’une jolie cohérence dans son ensemble, là où « Bleu Noir » enchaînait titres de RedOne à ceux d’Archive, aucun n’est vraiment marquant ni ne se dégage de l’ensemble, à l’instar d’un « M’Effondre », « Diabolique Mon Ange » ou « Je Te Dis Tout ».

Aucune tournée de prévue pour accompagner cet album. Mais qui sait, nous ne sommes peut-être pas au bout de nos (bonnes) surprises !

Petit bonus  : à la fin de l’écoute un petit cadeau souvenir a été remis aux participants. Une lithographie dédicacée et personnalisée par Mylène Farmer ! L’adolescent qui sommeil encore en moi était aux anges !

IMG_8841