Quand Zazie sort un nouvel album je ne peux m’empêcher d’y jeter une oreille. Car je l’ai beaucoup aimé Zazie. Ma première rencontre avec elle date de la fin des 90’s, c’était avec « Tout le monde », ont suivi « A Ma Place », « Rodéo », « Oui », « Ça » et la redécouverte des premiers succès : « Larsen », « Au Diable Nos Adieux », « Homme Sweet Homme » pour ne citer qu’eux.

Puis en 2010 Zazie a commencé à me perdre. Avec un projet trop ambitieux et casse-gueule rien que sur le papier : pour son 7ème album, proposer 7 EP de 7 titres. Beaucoup de remplissage à la clé et difficile de trouver des titres marquants, même si certains en avaient le potentiel (« L’Amour Dollar », « Chanson d’Amour », « Double Axel »). La rupture fut entérinée 3 ans plus tard avec « Cyclo » : un album trop sombre, difficile d’accès et pas forcément le genre d’exercice où l’on attend et aime Zazie.

60 000 exemplaires plus tard (la moitié du précédent et loin des 370 000 de « Totem » en 2007), Zazie se rachète une popularité en devenant coach de The Voice et décroche la victoire de son poulain Lilian Renaud. Elle annonce son retour avec un album « solaire, organique, […] plus pop ». Chouette ! Arrive ainsi au début de l’été : « Discold ». Froid, métallique et sans réelle mélodie, le choix du lead single a de quoi laisser dubitatif sur la suite. Et à l’écoute de ce 9ème album, le choix est plus compréhensible tant le disque manque cruellement d’un titre fort et vraiment marquant. Même juste un !

On y trouve pourtant de jolies objets comme « Encore Heureux », « Pise » et la conclusion « Adieu Tristesse », même si encore loin des réussites qu’étaient « J’arrive » et « Si J’étais Moi » sur leur album respectif. La tentative dansante « I Love You All », écrit à la suite des attentats de Charlie Hebdo, fonctionne mais manque de ce petit truc indéfinissable qui peut le faire décoller au niveau d’un « Rue de la Paix ». Et c’est le sentiment qui règne sur la quasi totalité de l’album où la chanteuse ressasse son habituelle thématique amoureuse habillée de jeux de mots assez faciles (« Faut Pas S’y Fier », « Tais-toi », « Oui-filles »).

L’écoute reste tout de même agréable malgré la voix éraillée/fin de soirée qui est plus irritante que poignante. On se laisse apprécier des titres lambda comme « Perchée » ou « Sait-on Jamais » qui se fondent bien dans l’ensemble mais qui restent très pauvre individuellement. Zazie qui disaient penser que les gens aimaient « s’embrasser et danser sur du Zazie » en référence à l’échec de « Cyclo », n’a apparemment pas tenu compte de ça en réalisant cet album qui n’a que la pochette de solaire et optimiste. Ou alors elle n’y arrive plus et c’est bien dommage.

Déjà annoncée pour la cinquième saison de The Voice, l’« Heureux Tour » de Zazie sera aux Folies Bergère en mars 2016 et dans quelques villes de province.