rebel heart tour

Live Report : Madonna était de passage à Bercy (AccorHotels Arena) pour présenter son « Rebel Heart Tour », un show moins spectaculaire mais plus humain.

[dropcap]T[/dropcap]rois ans après le « MDNA Tour », Madonna est de retour en France pour présenter « Rebel Heart » son treizième album sorti au printemps dernier. Même si ce dernier n’a fait d’éclats ni dans les charts ni dans nos coeurs rebelles, un concert de Madonna ça reste un événement. Il est vrai que mettre la main au portefeuille brûle les doigts quand il s’agit de lâcher 106 € pour une place en fosse, mais je suis sorti de là en en ayant eu pour mon argent.

Cette dixième tournée en 30 ans a ses atouts. Le principal est le retour en salles après le gigantisme des stades de 2012, donnant une Madonna plus intimiste (qu’on partage tout de même avec plus de 18 000 personnes), plus humaine et plus spontanée. Il faudra cependant attendre le deuxième tableau pour le constater, le premier frisant l’auto-caricature en mêlant samouraïs sur l’entrée « Iconic », avec bonnes-soeurs adeptes de pole dance sur des crucifix pour le mash-up « Holy Water / Vogue ». Le tout avec une bonne dose de playback. On ne retiendra que le survitaminé « Burning Up » et son ambiance enflammée.

Si on oublie l’inutile « Body Shop », morceau tout autant dispensable du dernier opus, servant juste de prétexte pour installer une ambiance garage des 50’s, le deuxième tableau est une pure réussite. Madonna ressort le bleuette « True Blue » du fond des 80’s dans une version au ukulélé délicieuse avant d’exciter la salle parisienne sur « Deeper And Deeper », une autre oldies également délaissée depuis une vingtaine d’années sur scène (à l’exception d’une version slow en 2004).

La set-list fait la part belle à des succès délaissés depuis quelques tournées : « La Isla Bonita », « Material Girl », « Holiday » et « Dress You Up » dans un medley fantastique couplé à « Into the Groove » et « Lucky Star ». Malheureusement les réorchestrations manquent pour la plupart de punch et un titre fort comme « Music » ne laisse pas une grande impression, sauf quand il est interrompu par une « Marseillaise » improvisée.

On regrettera l’absence de deux titres qui auraient été de circonstance : « Like A Prayer » et « Ghosttown », la perle du dernier injustement oubliée pour cette tournée. Pour profiter de ces deux titres il fallait se rendre lors de son happening Place de la République une quinzaine de minutes après le concert. A l’AccorHotels Arena Madonna préfère donner la guitare et le micro à son fils pour « Redemption Song » une reprise de Bob Marley. Un joli geste en soi d’offrir quelque chose d’unique à Paris, mais qui ne m’a pas du tout touché tant la prestation ressemblait à une évaluation de solfège sous l’oeil avisé de maman.

L’apparition de Jean-Paul Gaultier en guise d’ « Unapologetic Bitch » est à mes yeux un moment unique beaucoup plus appréciable. Le complicité des deux artistes est tellement flagrante qu’elle est savoureuse à partager. Un joli moment précédé par sans doute le plus beau du concert : une reprise de « La Vie en Rose » chantée en choeur par le public résonnant intensément dans la salle et dans le contexte actuel.

En plus de chanter Edith Piaf, Madonna se laisse aller à une improvisation sur « Diamonds Are a Girl’s Best Friend » rendue célèbre par Marilyn Monroe, une des nombreuses icônes de la chanteuse. Ce qui transparait le plus de ce concert c’est justement les très nombreuses références aux trois décennies de carrière de Madonna. Tous les codes y sont présents : sexe et religion évidemment, la culture latino célébrée dans l’acte gypsy ainsi que les années 30 et l’âge d’or Hollywoodien, illustré à merveille dans le pont cultissime de « Vogue » et mis en scène dans l’acte final du spectacle.

Même si ce « Rebel Heart Tour » a ses faiblesses (une set-list manquant de titres forts, une mise en scène assez facile pour du Madonna), il n’en reste pas moins attachant par l’aspect plus authentique et moins mécanique que dégage l’artiste sur scène. Je ne suis pas ressorti avec la même claque prise lors de sa précédente tournée, probablement car c’était la première fois que je la voyais sur scène, et que ça fait son effet ! Si ce n’est pas son meilleur spectacle, elle reste pourtant nettement au dessus de beaucoup de popstar prétendant au trône. Elle tient la scène et son spectacle comme personne pendant 2h15 qui défilent à une vitesse folle, et rien pour ça elle reste la Reine.

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Set list du 9 décembre 2015 :

  1. Iconic
  2. Bitch I’m Madonna
  3. Burning Up
  4. Holy Water
  5. Devil Pray
    Interlude : Messiah
  6. Body Shop
  7. True Blue
  8. Deeper and Deeper
  9. HeartBreakCity / Love Don’t Live Here Anymore
  10. Like A Virgin
    Interlude : S.E.X.
  11. Living For Love
  12. La Isla Bonita
  13. Dress You Up / Into the Groove / Lucky Star
  14. Redemption Song (reprise de Bob Marley avec son fils David)
  15. Rebel Heart
    Interlude : Illuminati
  16. Music
  17. Candy Shop
  18. Material Girl
  19. La Vie en Rose
  20. Diamonds Are a Girl’s Best Friend
  21. Unapologetic Bitch
    Rappel
  22. Holiday