Le huitième album de Rihanna est enfin là ! Critique d’un disque qui a eu du mal à venir.

[dropcap]C[/dropcap]’est dans la nuit de mercredi à jeudi que Rihanna a offert gratuitement « ANTI » à sa navy (le nom donné à sa fanbase) et aux autres, quelques heures seulement après le lancement du lead single « Work » en featuring avec Drake.

Plus qu’une surprise la sortie d’ « ANTI » est surtout un soulagement pour toute une fanbase fatiguée par un album qui ne venait jamais. Il ne s’est pourtant écoulé que trois ans depuis la sortie d’« Unapologetic », un timing normal chez les autres popstars mais qui semble une éternité pour Rihanna qui sortait un album par an depuis 2009. Une attente expliquée par la volonté de la chanteuse de proposer un disque plus sophistiqué, plus « intemporel » et moins dans la recherche du tube du moment. Un « anti-album » de Rihanna en somme.

Après écoute c’est un album « anti rien du tout » qui se présente à nos oreilles. Un pur album de Rihanna dans la continuité de son répertoire, avec un accent plus prononcé pour « Rated R » (2009) et « Unapologetic » (2012). A l’instar de sa discographie, les 13 pistes du disque sont un fourre-tout de styles, sans vraie ligne conductrice, avec sa dose de titres catchys et celle de titres de 2 minutes qui semblent inachevés. La vraie surprise c’est l’absence de sons urbain/trap comme le laissait présager « Bitch Better Have My Money ». Un titre absent de la tracklist finale, tout comme les deux autres titres produits par Kanye West sortis l’an dernier.

L’influence du dernier album de Beyoncé est indéniable sur l’ensemble, jusqu’à la sortie surprise, mais qui ressemble hélas plus à une grosse pub pour TIDAL vu qu’un téléchargement gratuit d’ « ANTI » nous offre une période d’essai pour la plateforme de Jay-Z

L’intro de « Love On The Brain » ressemble à s’y m’éprendre à celle de « Superpower » présent sur le dernier opus de Queen B. Mais la vraie copie du disque se nomme « Same Ol’ Mistakes » qui n’est autre que l’instru de « New Person, Same Old Mistakes », titre final du dernier album de Tame Impala, avec la voix de Riri à la place de celle de Kevin Parker. Une reprise moins réussie que l’original mais qui se révèle être la meilleure piste du disque.

Les amoureux de la Rihanna pop s’acoquineront avec les guitares 80’s de « Kiss It Better », tandis que ceux qui la préfère plus urbaine se tourneront vers « Consideration » (en feat. avec SZA) ou « Work ». Pour les amoureux de l’EDM de David Guetta et Calvin Harris ils peuvent passer leur tour.

On regrette quand même l’absence de ces gros tubes pouvant soulever des stades lors de l’« Anti World Tour » qui débute le mois prochain. Heureusement son énorme répertoire de succès peut compenser ce manque, à condition qu’elle s’en souvienne.

En résumé « ANTI » est dans la pure continuité de ce qu’a toujours proposé Rihanna : un album sans vraie direction, assez impersonnel, mais totalement dans son époque et qui s’écoute tout de même avec plaisir.

A retenir : « Kiss It Better », « Same Ol’ Mistakes » et « Love On The Brain ».
Note : 66 / 100