Meghan Trainor nous offre son second album « Thank You ». C’est gentil mais non merci. Critique.

Disons le tout de suite : j’ai beaucoup de sympathie pour Meghan Trainor. Oui, oui ! J’ai été bon client de la pop sucrée, légère et vaguement rétro de son premier album, qui présentait quelques gourmandises dont je me suis bien rassasié (« All About That Bass », « Title », « Dear Future Husband »). Bref la jolie découverte de 2015.

Pour son deuxième album Meghan Trainoir change de direction et d’époque : fini les 60’s et bonjour les 00’s. Et à l’écoute de « No » et ses sonorités Britney/Destiny Child on se disait que ce virage était salvateur pour sa jeune carrière, elle réussissait à se réinventer en évitant de s’enfermer dans une image, certes sympathique sur un album, mais qui avait de quoi être redondante et lassante dès le second. Et puis il y a eu le clip.

Là où le décalage du reste de la sphère pop rendait les visuels de l’ère précédente attachants, le premier degré associé à la nouvelle rend le tout assez ridicule. Malgré sa teinture rousse incendiaire, elle est mal à l’aise dans ce rôle de femme fatale et semble avoir autant de mal à y croire que nous. Malheureusement le clip n’était qu’un prémisse à l’accident industriel qu’est ce second album.

« Thank You » se classe parmi les albums les plus impersonnels que j’ai pu écouter. La marque Trainor a disparu et le disque n’est qu’une compilation fourre-tout de styles et de titres aussi fades qu’interchangeable. Même sa voix est parfois difficile à reconnaître, à tel point que je me suis demandé si je n’écoutais pas le dernier Ariana Grande (« Better », « Champagne Problems »).

Pas mélodieux pour un sous, l’album enchaîne des titres qui ne ressemblent pas à grand chose (« Watch Me Do », « I Love Me ») à des pseudo-tubes désincarnés et franchement très mauvais (l’horrible « Me Too » ou « Woman Up »), le reste étant du remplissage.

Il subsiste tout de même quelques réminiscence de l’ancienne Meghan (celle s’il y a un an) sur les ballades sympathiques mais faiblardes (« Hopeless Romantic », « Just a Friend To You ») ou le kitchismime « Mom » en duo avec… sa mère au téléphone…

À l’exception de « No » et « Kindly Calm Me Down », difficile d’être convaincu par ce changement de style, semble-t-il plus dicté par le souhait du label de rentabiliser la notoriété de la jeune artiste en la claquant sur un modèle de pop star US pour teen-ager sans saveur, plutôt que part sa volonté propre d’explorer de nouveaux horizons.

A retenir : « No », « Kindly Calm Me Down », « Just a Friend To You ».
Note : 40 / 100