Beyoncé

Ce n’est pas à un concert auquel j’ai assisté hier soir, c’est à un coup d’Etat. Un coup d’Etat sur la pop orchestré par Beyoncé, qui a confirmé en un tour de force de deux heures son statut de pop star inégalable. D’un côté, véritable machine de guerre de l’entertainment avec sens inné du show hyper rodé et sans faille, malheureusement froid et robotique de l’autre.

Deux ans après sa tournée commune avec Jay Z, et pour sa première solo en stades, Beyoncé ne s’est pas moquée de nous, la promesse est claire : nous en mettre plein les yeux et plein les oreilles ! Pour le premier point on le comprend dès l’entrée dans le Stade de France plein à craquer, où trône l’immense écran – aussi haut qu’un immeuble – à quatre faces servant d’unique décor au spectacle. Pour le second, on en est sûr dès le « pré générique » du concert avec un colossale jingle THX qui engloutit le stade pour nous assurer une expérience auditive maximum. Dommage pour la pelouse or, où l’intensité des basses sera à la limite du supportable.

Beyoncé est ponctuelle. 21 heures pile, il fait encore jour lorsque l’écran commence à tourner sur lui-même, laissant apparaître des images fugaces de la Reine. Dès les premières notes de « Formation » c’est l’hystérie collective. La voilà qui arrive sur scène, via une trappe, dissimulée sous un immense chapeau. L’hystérie double lorsqu’on on aperçoit son visage lors d’une danse saccadée. Une telle aura jamais vu depuis les grandes heures de Michael Jackson au début des 90’s. Un sentiment qui reviendra souvent durant le concert.

Chorégraphies impeccables, tubes à la chaîne et images en quadruple XL nous envahissent. Inscrivant toujours plus Beyoncé comme muse de sa propre œuvre. Si « Lemonade », son dernier et fabuleux album, laissait entrevoir une Beyoncé pour humaine, plus sincère, elle a toujours du mal à passer ce cap en live.

Les chorés maritales de « Run the World », « Diva » ou « Ring the Alarm » sont toujours parfaitement maîtrisées. Les quelques ballades (« 1+1 », « Runnin’ », « Halo ») tiennent surtout de la prestation vocale. Les quelques moments a cappella (« Irreplaceable » et « Love on Top ») sont aussi géniaux qu’ils sont totalement maîtrisés et peu spontanée. Aucune place pour la politique ou l’actualité dans son show. Un peu surprenant vu ses derniers engagements. Ses (rares) paroles se résumeront à des merci et je vous aime.

Beyoncé ne sort jamais du cadre, mais il est tellement vaste, tellement riche qu’on ne lui en veut pas. En deux heures elle réussit à redéfinir les frontières du show pop. Et quand il lui arrive d’être seule en scène sans plus d’artifices que l’écran géant (ce qui n’est pas mal déjà !), elle tient 75 000 personnes en haleine par sa présence et son charisme.

Extrêmement bien rythmé, ce qui avait fait défaut à sa tournée de 2013 que j’avais vu à Montpellier, le « Formation World Tour » ne laisse aucun repos au spectateur. Plus d’une trentaines de titres interprétés, souvent réduits à un couplet et un refrain. La set list fait la part belle aux trois derniers albums en délaissant les trois premiers résumés à une demie-douzaine de titres.

Les enchaînements sont parfaits, mention à spéciale à l’endiablé remix de « Crazy in Love » version « Fifty Shades Of Grey », couplé à la version originale, « Bootylicious » et « Naughty Girl ». Le show se conclu sur un incroyable tableau : « Freedom », « Survivor », « End of Time » et l’inénarrable « Halo ». L’absence de sa chanson signature « Singles Ladies » ne se fait même pas ressentir.

En sortant du stade j’ai l’impression d’avoir assisté à quelque chose d’unique. Pas ce concert français en particulier, qui était certainement en tous points identiques à celui de Londres, de Milan ou de New York. Mais ce spectacle et cette tournée qui arrivent comme le sacre de la plus grande pop star de notre époque.

Moi qui n’ait pas connu les grandes heures de Michael Jackson, et qui ne garde principalement que le souvenir d’un artiste à scandales, je me dis que j’ai assisté à quelque chose qui restera dans la pop music. Ce genre de spectacle culte qui servira de référence à de nombreux artistes derrière. La carrière de Beyoncé vient tout juste de passer à un autre niveau.

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Set list du 21 juillet 2016 :

  1. Formation
  2. Sorry
  3. Irreplaceable (a cappella)
  4. Bow Down
  5. Run the World (Girls)
  6. Mine
  7. Baby Boy
  8. Hold Up
  9. Countdown
  10. Me, Myself and I
  11. Runnin’ (Lose It All)
  12. All Night
  13. Don’t Hurt Yourself
  14. Ring the Alarm
  15. Diva
  16. Flawless (Remix)
  17. Feeling Myself
  18. Yoncé
  19. Drunk in Love
  20. Rocket
  21. Partition
  22. Daddy Lessons
  23. Love on Top (a cappella)
  24. 1+1
  25. Crazy in Love (2014 Remix)
  26. Crazy in Love / Bootylicious
  27. Naughty Girl
  28. Party
  29. Freedom
  30. Survivor
  31. End of Time
  32. Halo