Revenus d’entre les morts, Dalida et Claude Francois viennent hanter le Palais des Congrès dans un spectacle effrayant de gêne. Compte-rendu.

[dropcap]C[/dropcap]e spectacle est le plus inédit et innovant de la décennie. Rien que ça. La promotion de Hit Parade, actuellement au Palais des Congrès ne tarie par d’éloges sur l’aspect technologique pointue du spectacle, qu’on nous présente comme une première mondiale, une expérience entre virtuel et réel. La réalité, la vraie est évidemment toute autre. C’est celle d’une gêne qui vient de la pauvreté global de la production, où les 6 millions d’€ de budget – tout de même- sont passés dans une technologie d’entrée de gamme au détriment… de tout le reste !

Costume, décor, lumière : tout est cheap ! Mais le plus cheap reste malheureusement les hologrammes. Dommage que tout le concept du spectacle se base là-dessus… ! Du fond de la salle l’illusion peut fonctionner, mais au deuxième rang le résultat est risible : de Dalida il ne reste que le strabisme et Claude François ressemble à un Sims. Le malaise devient total lorsqu’ils sont diffusés sur grand écran !

Certainement dû à une faute d’argent encore (la réalisation seules des visages représente le tiers du budget), nos stars mortes chantent devant un fond noir et seulement 4 chansons chacune. Un seul duo, entre Dalida et Mike Brant, viendra secouer la monotonie de la narration. Pas de quoi tenir 2 heures, entracte compris ! C’est là qu’intervienne les scènes de comédie jouées par de vrais comédiens.

Sincèrement, je n’ai rien compris à l’histoire ! On semble nous plonger dans une émission de télé de 1975, mais en fait non c’est une répétition, puis d’un coup la danseuse principale (Tonya Kinzinger qu’on a pu admirer dans « Sous le soleil », et « Danse avec les stars ») fini par chopper un technicien. Il n’y avait plus de budget pour approfondir la psychologie des personnages non plus…

Quelques bons moments se dissimule tout de même ça et là : « L’incendie à Rio » de Sacha Distel, le tableau broadway et l’indémodable « Alexandrie Alexandra », qui s’achève sur un lancé de chemise final aussi kitsch qu’improbable !

Pour profiter d’ « Hit Parade » il ne faut pas le prendre au premier degré, et surtout se faire inviter ! Car à 90€ la place ça fait un peu mal, là où une soirée chez Michou ou un concert de Matt Pokora aurait largement fait l’affaire.

Celui qui a fait une bonne affaire c’est Claude François Jr., présent dans la salle et pas avare de selfies et d’autographe à la fin du spectacle. En s’approchant de près on pouvait même voir des € dans ses yeux ! Car en plus des droits Sacem, c’est toute une panoplie à l’effigie des nos idoles qui est proposée au merchandising : la plaque de rue Claude François, le rouge à lèvre Dalida, le pendentif Mike Brant où le stylo avec une fausse dédicace de Sacha Distel !

Pour profiter doublement de l’expérience, je vous invite à lire la chronique de ma camarade du Scopitone qui m’a accompagné dans cette plongée vers un au-delà à paillettes.