Lorde

Lorde a pris le temps avant de sortir « Melodrama », mais l’attente en valait la peine. Critique d’un grand album pop.

[dropcap]P[/dropcap]as facile à tout juste 20 ans de se remettre du succès – aussi énorme qu’inattendu – de son premier album. Pas facile d’entrer de plein pied dans le game des popstars (et devenir inéluctablement amie avec Taylor Swift). Tout ça en devenant adulte. Lorde, elle, a choisit de prendre le temps. Quatre ans après « Pure Heroine », voilà enfin son deuxième album.

Devant la qualité incroyable de « Melodrama », on ne peut que la féliciter de ne pas avoir cédé à la pression et précipité un projet inabouti. Car abouti, ce deuxième album l’est totalement. 11 pistes, le nombre parfait pour un album, où Lorde s’est recentrer sur elle et ne parle plus de « nous » (« And we’ll never be royals »), mais d’elle.

Au delà d’un album de rupture (qui sont toujours les meilleurs, n’est-ce pas Adele), « Melodrama » est surtout un disque sur la solitude et le désenchantement de la vie d’adulte.

All the nights spent off our faces
Trying to find these perfect places
What the fuck are perfect places anyway?

Lorsque Lorde est revenue en février dernier avec « Green Light », un banger inattendu de sa part, on pouvait sentir les prémices d’un grand album où la néo-zélandaise transformerait l’essai du premier album en gardant intact son charme et son identité.

Goodbye Joel Little avec qui elle avait composé « Pure Heroine », et bonjour Jack Antonoff, faiseur de tubes pour Taylor Swift, avec qui Lorde a principalement collaboré sur cet opus. En résulte des pépites pop aussi dansantes (« Perfect Places », « Supercut », « Sober ») que larmoyantes (« Liability » et sa reprise, « Sober II (Melodrama) »). La meilleure combinaison en somme.

Dans les crédits on retrouve également Tove Lo (« Homemade Dynamite ») et le producteur australien Flume sur le génial « The Louvre », récit du souvenir du souvenir heureux de la relation avec son ex.

But we’re the greatest
They’ll hang us in the Louvre
Down the back, but who cares—still the Louvre

En 40 minutes, Lorde nous prouve qu’elle est une des meilleures songwriter de sa génération et nous offre (certainement) le meilleur album de l’année.

Le « Melodrama World Tour » passera par Paris et Lyon les 5 et 8 octobre prochain. Nul doute que j’y serai !

A retenir : « Perfect Places », « The Louvre », « Sober » et « Green Light »
Note : 86 / 100