Orelsan

En quelques jours à peine « La Fête est Finie », le troisième album d’OrelSan est déjà disque d’Or pour plus de 50 000 exemplaires écoulés en « ventes pures », c’est à dire sans compter les chiffres de streaming, tout aussi énormes. Il faut dire qu’il était attendu cet album, 6 ans sont sont écoulé depuis « Le Chant des Sirènes » et ses 100 000 copies vendues.

Pourtant OrelSan, qui s’amuse d’une image de glandeur dans ses titres, n’a pas chaumé pour autant : avec son pote Gringe ils ont enchaîné un album pour les Casseurs Flowters, un film et un BO (« Comment c’est loin » fin 2015), une tournée et en « bonus » 120 épisode du programme court « Bloqués » !

Des succès qui ont offert la célébrité à OrelSan qui, a 35 ans, offre un nouvel album plus mûr avec des textes toujours aussi incisif et percutants.

OrelSan a réalisé le shooting de l’album dans le métro Toulousain.

Si dans son disque OrelSan confie s’être posé et avoir trouvé la « bonne meuf », ce n’est pas pour autant qu’il s’est assagit. A défaut d’être finie comme il le dit, la fête a juste changée. La trentaine est passée et la célébrité est arrivée en offrant à OrelSan de nouveaux sujets de dissertation. Sur l’hilarant « Bonne meuf » il nous confie qu’en étant connu on le traite justement comme une « bonne meuf ». Titre qui s’enchaîne avec le versant plus sombre de la célébrité sur « Quand est-ce que ça s’arrête », avant de repartir plus joyeusement sur « Christophe », un feat avec Maître Gims, et son statut de rappeur blanc qui fait « de la musique de noir ».

La tracklist est une des grandes forces de ce disque : les titres et les thèmes abordés s’enchaînent avec une justesse folle, se répondent les uns les autres et racontent de façon quasi autobiographique la vie d’OrelSan en 2017. Même si lui préfère dire qu’il s’agit de personnages, certainement pour ne pas blesser sa famille comme il peut le faire dans le jouissif « Défaite de famille » !

Des textes toujours aussi percutants donc, et servis par des instru minimalistes voir « basiques », comme le lead single, quasi toutes composées par son complice Skread. Et si « Tout va bien » vous semble sortir tout droit du dernier album de Stromae c’est normal, l’artiste belge a collaboré à deux titres de l’album, et posé sa voix sur « La pluie », une chanson parlant de ses villes moyennes entourées de gigantesque centres commerciaux où l’ennuie est une amie (« Dans ma ville, on traîne »).

Dans cet album OrelSan traverse les styles et se fait tout à tour amusant, sombre et même, c’est une nouveauté, tendre (« Paradis »). Mais toujours avec une justesse folle à l’exemple de l’aussi beau que déprimant « Note pour trop tard », accompagné des voix des jumelles d’Ibeyi.

Si OrelSan parle quasi exclusivement de lui, il a réussit avec « La Fête est Finie » à proposer un disque populaire et à dépasser les frontières des amateurs de rap. Un disque qui dresse aussi un portrait robot de notre société en 2017, comme avait pu l’être, dans un style pas si éloigné, « Dans ma bulle » de Diam’s il y a une dizaine d’année. Parions que cet album s’écoutera avec le même impact dans une décennie.

OrelSan entamera une grande tournée des zéniths dès le mois de février 2018, et sera de passage pour deux soirs à l’AccorHotels Arena en mars. Je ne manquerai pas de vous en reparler !

A retenir : « Défaite de famille », « Christophe », « Dans ma ville, on traîne ».
Note 82 / 100

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