Taylor Swift

C’est la sortie pop le plus attendue de l’année. Trois ans après « 1989 » et ses 10 millions d’exemplaires vendus, on peut dire que Taylor Swift a réussi son pari d’investir le marché pop. Le successeur se devait d’être à la hauteur et Taylor s’en est donné les moyens. Fin août elle efface 6 ans d’autofiction des réseaux sociaux, s’en suit un énorme buzz avant le lancement du lead single « Look What You Made Me Do », hymne revanchard avec un fabuleux clip nous présentant la « nouvelle Taylor ».

Par la suite, Taylor adopte les codes promotionnels de Beyoncé. Une stratégie du silence, de l’absence et du mystère en prévision d’un projet, en apparences, ambitieux. Aucune interview, aucune prestation, aucune apparition publique avant la parution du Saint Graal. Tout est fait pour maximiser et évenementialiser la sortie, jusqu’à la non présence de l’album en streaming afin de booster l’achat. Une stratégie que seules des Adele et Beyoncé peuvent se permettre.

Une nouvelle image, un projet ambitieux servi pas un teasing colossal… mais un produit final qui ne suit pas. « Reputation » est un bon disque pop, mais très loin d’être mémorable est aussi percutant que son prédécesseur.

Produit quasi exclusivement par le duo suédois Max Martin/Shellback et par l’américain Jack Antonoff (tous déjà à l’œuvre sur « 1989 »), l’album mélange up tempo bourrins formatés pour cartonné, et mid plus personnels.

Les suédois occupent la première partie, qui peut surprendre sans forcément séduire pour du Swift. Sa voix semble noyée, les mélodies sont peu mémorables et rien n’est vraiment impactant. On gardera « … Ready For it ? » et son refrain aérien, ainsi que « So It Goes… ».

Max Martin et Shellback confirment être des sprinters, plus doués pour produire des singles explosifs que travailler sur des formats longs, où leurs limites se font ressentir. En parlant de single explosif, nul doute que le trio avec Ed Sheeran et Future, le numéro 1 du moment et la caution urbaine, risque de cartonner.

L’autre moitié du disque, produite par Antonoff, est bien plus adaptée à Swift. C’est dans ces chansons qu’on sent une évolution, plus cohérente avec son personnage et dans lesquelles elle s’épanouit le mieux. Certains titres gardent des vibes de « 1989 » (« Call It What You Want », « Getaway Car » la petite sœur d’ « Out Of The Woods »), tandis que d’autres se révèlent être les bombes de l’album (« Look What You Made Me Do » avec son sample d’ « I’m Too Sexy », et « This Is Why We Can’t Have Nice Things »).

La vraie déception concerne les textes, bien trop fades pour du Taylor Swift qui nous avait habitué à mieux, et ce qui consistait sa force. On mettra ça sur le compte d’une volonté de se concentrer sur les beats et l’efficacité plutôt que sur le propos…

« Reputation » est intrinsèquement un bon disque, mais qui se trouve gâché par son positionnement et sa promotion qui ne correspondent pas à une Taylor Swift qui n’a pas le charisme pour incarner une icône de la pop, et par son attitude de victime revancharde (Comme elle dit « I swear I don’t love the drama, it loves me”) et en discussion fermée avec sa fanbase dans laquelle on a du mal à s’identifier. Dommage car la pop c’est ça aussi.

A retenir : « Getway Car », « Look What You Made Me Do », « This Is Why We Can’t Have Nice Things ».
Note : 74 / 100

En bonus, découvrez ma critique vidéo de l’album !