Christina Aguilera

Six ans c’est long. Et dans le game pop c’est une éternité. C’est dire si Christina Aguilera, avec ses vingt ans de carrière, fait office de doyenne dans un marché plus concurrentiel que jamais où il faut assurer une présence continue afin de rester dans la course.

Pourtant depuis 2012, à l’exception de quelques singles isolés et de collaborations oubliables, Xtina n’a sorti aucun album. Sans pour autant disparaître de la scène médiatique : elle a officié jusqu’en 2016 comme jury dans The Voice US puis est devenue égérie pour Oréo. Autant le dire, on était tombé bien bas et après une telle attente et de multiple effets d’annonce sans rien derrière, on a fini par se résoudre et se dire que le sixième album d’Xtina arriverait quand il arriverait et qu’il fallait rester sur une expectative limitée quant à sa qualité.

Christina Aguilera

Et c’est probablement ce qui fait la réussite de « Liberation », ce disque qu’on attendait plus, qui se présente sans énorme ambition et qui, plutôt que chercher à être ce qu’il n’est pas (à l’instar de « Bionic » et « Lotus »), se contente d’être ce qu’il est : un album assez simple, sans prétention, ni tubes, mais cohérent, moderne et incarné. Une réussite pour un disque dont la production s’est étalée sur plusieurs années et dont de multiples pistes ont été envisagées, travaillées, puis écartées (comme Pharell ou la fidèle Linda Perry).

Sur les 11 titres qui composent ce disque (sans compter les interludes), Aguilera explore totalement cette notion de libération mise en exergue via le titre du projet. Une libération de son image (« Sick of Sittin’ »), de sa place de femme dans notre société (« Fall in Line » en duo avec Demi Lovato), de ses erreurs (« Twice ») et – surtout – de ses envies sexuelles (« Accelerate », « Pipe » et « Masochist »).

Une vision aussi sincère qu’intéressante d’une femme et d’une artiste en approche de la quarantaine et d’une nouvelle étape de sa vie et de sa carrière. Le tout sur des sonorités pop et r’n’b intemporelles où sa voix se retrouve sublimée, bien loin du naufrage électro-pop qu’était « Lotus ».

En résumé, Christina Aguilera nous offre un retour en douceur, mais salvateur, avec ce « Liberation » qui s’impose comme son meilleur album depuis « Back to Basics », il y a 12 ans déjà…

A retenir : « Deserve », « Accelerate » et « Pipe »
Note : 77 / 100

En bonus je vous propose mon top 5 des albums d’Xtina !